Sous les grandes antennes de Saint-Aoustrille dort un étrange musée

MÉMOIRE Dans un ancien bâtiment de Télédiffusion de France des passionnés de radio et télévision ont soigneusement entreposé les matériels qui illustrent l’évolution des techniques de diffusion de son et d’images.
Pierre Belsoeur

Daniel Bottin présente la première caméra de télé dont les cadreurs devaient faire tourner les focales… avant l’arrivée du zoom.

C’est un musée qui ne se visite pas, car situé au milieu d’une zone sensible, celle des émetteurs de radio de Télédiffusion de France (TDF) qui diffusent en particulier les émissions de Radio France Internationale. Mais si l’Association du Centre Historique de la Diffusion Radiophonique (ACHDR) est hébergée à cet endroit c’est qu’elle y dispose d’un bâtiment qu’elle a sauvé de la démolition. Un bâtiment suffisamment vaste pour héberger les milliers de trouvailles que ses membres, souvent d’anciens de la maison, ont récupérées pour créer un conservatoire de l’histoire industrielle française. C’est à l’occasion de la présentation du dernier numéro de la revue La Bouinotte que nous avons eu le privilège de pénétrer dans cet étrange musée. Mais surtout nous avons la chance de suivre des guides capables de faire parler des équipements qui restent des énigmes aux yeux des profanes.

Manuel Mesquita présente le premier télégraphe de campagne.

Les ondes radio ont sauvé la tour Eiffel
Avec Manuel Mesquita, responsable technique de l’émetteur d’Allouis dans le Cher (qui à défaut de continuer d’être un relais pour la diffusion des ondes longues, diffuse l’heure légale française sur laquelle sont réglés tous les ordinateurs) est l’un de ces guides érudits. Il fait voyager de l’invention du télégraphe de campagne à la communication sans fil qui a permis à la tour Eiffel de survivre à l’exposition universelle de 1889 en devenant le support d’un émetteur capable de diffuser à 6.000 km à la ronde.
En quelques dizaines de mètres on passe des postes à galènes aux lampes de plus en plus grosses puis aux tubes pour arriver à la révolution du transistor, croisant les ondes courtes qui permettent les liaisons à longue distance et les ondes moyennes qui telles des oiseaux de nuit agrandissent leur rayon d’action lorsque la lumière a disparu et peuplent la bande d’une multitude d’émissions alors que quelques unes seulement nous parvenaient en cours de journée.
Avec Daniel Bottin, on découvre, preuve à l’appui que l’invention de la télévision date de 1884 mais qu’il a fallu attendre 1935 pour que le principe devienne une réalité industrielle. Derrière ce deuxième guide on parcourt l’évolution technique et la miniaturisation des caméras permettant d’arriver aux fabuleuses retransmissions qui n’étonnent même plus nos petits enfants. Grâce à la miniaturisation des caméras mais aussi le kinescope puis le magnétoscope qui ont permis de mettre la télé en conserves.
A quoi peut donc servir ce conservatoire si on ne peut pas le visiter ? Il peut servir de support à des émissions expliquant la transmission de l’image et du son. Servir également de décor pour des fictions. La plupart des éléments utilisés pour la récente série « La speakerine» venaient du musée de Saint-Aoustrille. Mais les bénévoles de l’ACHDR montent aussi des expositions qu’ils font voyager un peu partout en France. Et c’est là aussi qu’a trouvé refuge le «Gmebogosse» instrument qu’ont croisé bon nombre d’écoliers du Cher, mis au point par le Groupe de musique expérimental de Bourges qui eût son heure de gloire à l’époque où Jacques Rimbault était maire de Bourges.
Mais vous retrouverez une présentation plus détaillée et surtout très illustrée dans les pages de La Bouinotte.

Hélène Hémon, rédactrice en chef de La Bouinotte a présenté ce nouveau numéro, en compagnie de Christian Pineau qui signe plusieurs articles dans la revue.


ZOOM ▶ Le centenaire de la fin de la Grande Guerre
Cette découverte du musée insolite de Saint-Aoustrille est l’une des pépites du numéro de La Bouinotte, mais le plat de résistance de ce numéro d’automne est le dossier consacré aux cents ans de la fin de la grande guerre. Un dossier comprenant l’évocation d’une école étonnante à Bourges destinée du printemps 1915 à la fin de l’année 1922 à redonner aux soldats mutilés une seconde formation professionnelle pour dominer leur handicap et se réinsérer dans le monde du travail. Saint-Florent, comme Villedieu a eu un de ses enfants fusillé pour l’exemple. Il s’appelait Auguste Ponroy et les anciens combattants des bords du Cher n’ont pas perdu l’espoir d’ajouter son nom sur le monument aux morts de Saint-Florent. Surprenant encore cet article sur les chevaux préparés pour la guerre dans deux fermes de l’Indre.
Mehun-sur-Yèvre et Pouligny-Saint-Pierre sont les deux localités dans lesquelles se sont attardés les reporters de revue.
La Bouinotte, n°145. 6,90€ dans toutes les maisons de la presse de l’Indre et du Cher.
Ou par abonnement www.la-bouinotte.org

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