Les fils de la Charité, 70 ans de présence dans le Cher


Début octobre, Bourges recevait la congrégation des fils de la Charité, (congrégation religieuse fondée par Jean Emile Anizan à Noël 1918), venue fêter ses 70 ans de présence dans le Cher et conjointement, son centenaire.
Partout où les fils sont présents, des réjouissances et célébrations seront organisées, en Berry, à Bourges et surtout à Vierzon où cette congrégation a marqué de façon indélébile sa présence. Les membres de la congrégation rendaient ainsi hommage à leur fondateur, le Père Jean Emile Anizan, homme de bien au service des plus pauvres dont l’histoire se situe dans une société d’alors très agitée mais aussi fertile en vocations. La Première Guerre est toute proche et elle jouera un rôle important dans la vie de ce prêtre qui partira volontairement sur le front comme aumônier afin d’être auprès de ceux qui souffrent. C’est aussi la naissance du mouvement ouvrier, la laïcisation de l’Etat, l’affaire Dreyfus et en 1916, le nouveau pape Benoit XV reçoit le Père Anizan et lui confie la mission de fonder un Institut de prêtres et de frères consacrés à l’évangélisation par les paroisses et les œuvres. C’est dans la lignée et l’esprit de Saint Vincent de Paul que l’institut est fondé le 11 juin 1920. Entre 1918 (fondation de la congrégation) et 1928, le père Anizan a implanté neuf équipes pastorales dans les quartiers pauvres de la banlieue parisienne et amorcé la fondation d’un Institut de religieuses : les Auxiliatrices de la Charité, elles aussi fortement présentes dans le Cher.

70 ans de présence dans le département
du Cher et en Berry
Trois fils de la Charité, Jacques Robbe, Pierre Tritz, Jean-Michel Rapaud, retraçaient ce qui pourrait être « l’épopée humaine et évangélique des fils sur notre territoire ». L’arrivée des Fils remonte à 1948 (3 pour quatre paroisses), puis c’est en 1964 que la « grosse équipe » (une douzaine) s’installe dans le Cher et travaille conjointement avec la mission de France à Graçay près de Vierzon. Jacques Robbe à Vierzon, (1964-1968) puis à Bourges depuis 2017 se souvient de ces moments merveilleux lui qui, notamment à Vierzon, a laissé bien des souvenirs de camaraderie, de solidarité et d’engagement tant dans la paroisse, que dans le domaine du sport (Basket) et de l’entreprise. C’était le temps des Prêtres Ouvriers (PO) reconnus enfin par Rome (1965) après avoir été démis en 1954 : « On travaillait comme on pouvait et un jour, parmi les PO, un fut élu pour représenter les ouvriers dans l’entreprise (CASE) ; ce fut Pierre Chamousset (1964). Nous étions en symbiose totale avec les habitants et il nous semblait tout à fait naturel de nous engager à leurs côtés et défendre avec eux, les revendications des travailleurs. Nous étions aussi dans le mouvement de la Jeunesse Ouvrière catholique (JOC), dans les représentations de quartiers, les associations diverses, organisions des camps pour les jeunes… ». Ces fils, hommes parmi les hommes, ont marqué la vie quotidienne de nombreux citoyens ; croyants ou non et quelque soit la religion. « Ils étaient comme nous » se souvient Jean-Paul pourtant très éloigné de la foi chrétienne : «  je revois encore aujourd’hui ces « copains » avec qui j’ai vécu des aventures humaines et d’engagement ouvrier, qui restent dans ma mémoire comme des souvenirs de vie formidables. Balades en montagne, football, manifestations ouvrières et bien d’autres actions citoyennes qui faisaient d’eux des camarades appréciés. Ils croyaient en Dieu, je n’y croyais pas mais jamais cela ne nous a empêché de vivre de bons moments. L’essentiel était bien ailleurs, le respect du monde ouvrier et de ceux qui étaient dans la difficulté. Ils vivaient avec nous et comme nous, cela m’a toujours marqué… ». On laissera ce témoignage comme mot de la fin, une épopée formidable, humaine, sincère et appréciée d’hommes de foi, investis auprès de leurs concitoyens dans leur vie quotidienne.
Jacques Feuillet

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