Les drapeaux du colonel Bérenguier

MÉMOIRE La Martinerie n’est pas Saint-Louis des Invalides, mais la collection de drapeaux recueillis par les Amis de La Martinerie permet de rappeler l’histoire militaire de l’Indre.

Pierre Belsoeur

Le drapeau de « Ceux de Verdun » reprend sa place au musée après les commémorations du 11 Novembre.

La maison des Amis de le Martinerie n’occupe qu’un tout petit espace de la zone nord, coincée qu’elle est entre la route de Lignières et l’emprise du centre universitaire chinois. Pourtant le bâtiment, concédé voici quatre ans par un bail emphytéotique à l’association, a été sacrément remanié par des bénévoles qui ont de l’or dans les mains. Des bénévoles qui, prudemment, déconseillent à leur président, le colonel Jean-Jacques Bérenguier de se servir des siennes, de mains.

« Lui, son rôle c’est de trouver de l’argent. Le reste c’est nos affaire. » La réfection des sols a été confiée à une entreprise, mais la plupart des travaux de maçonnerie, pose de cloisons, électricité, papiers et peinture sont l’œuvre des hommes du colonel, à raison de deux séances hebdomadaires.

Ça sent le neuf et le net dans l’ancien bâtiment du bottier de La Martinerie. Trop aux yeux du président qui a décidé, avec les membres de l’association, que le couloir qui mène aux futures salles dédiées aux régiments qui ont été successivement hébergés à La Martinerie et au service santé des armées, sera rénové dans son jus pour conserver, aussi, le souvenir des locaux qui ont accueilli bidasses et engagés pendant près d’un demi siècle, après le stationnement de l’armée américaine et des aviateurs français pour lesquels a été créée la base en 1915.

Les Américains ont leur salle mémorielle, l’association achève la salle de conférence où pourront être accueillis les groupes pour écouter l’histoire de la Martinerie, par ceux qui y ont travaillé, salle sonorisée et équipée d’un rétroprojecteur.

Ceux de Verdun et le drapeau de 70

L’espace dont le colonel Bérenguier est le plus fier n’est pas la plus vaste du bâtiment. Cette pièce a hygrométrie et température contrôlées accueille dans un cadre cossu une collection de drapeaux qui ne sont pas, à la différence de ceux des Invalides, pris à l’ennemi, mais qui ont été confiés à l’association lorsque les association patriotiques ont été dissoutes.

En cette année du centenaire de la fin de la Grande Guerre un drapeau est en vedette dans ce musée, celui des anciens de Verdun. « Ceux de Verdun » ne sont plus de ce monde, mais le drapeau sort tout de même du musée pour le 11 novembre et c’est l’arrière petit-fils d’un poilu, Mathias Laplace, qui a le privilège de le porter, en hommage à son arrière-grand-père.

Une salle confortable entièrement réalisée par les Amis de la Martinerie.

« Ceux-là n’ont pas le droit de sortir. » Diable on peut donc être privé de sortie alors que l’on n’est qu’oriflamme. L’armée est donc impitoyable. En fait, il s’agit de drapeaux hors la loi, ceux des victimes du Service du travail obligatoire (STO) qui n’ont pas le droit de s’appeler déportés du travail, à la demande des « déportés et réfractaires ». Les drapeaux portant cette formule doivent donc aller au musée, avec ceux d’autres associations du souvenir dont les derniers représentants ont disparu et dont les héritiers ou veuves font don à Jean-Jacques Bérenguier qui se fait un devoir de retracer l’histoire, ranimant du même coup la mémoire militaire de l’Indre. Un oriflamme ne rejoindra pourtant jamais son musée, celui du 517 régiment du Train, dernier occupant de la base parti rejoindre la salle des emblèmes du château de Vincennes qui accueille les drapeaux des régiments dissous. En revanche, le colonel Maillard a fait don au musée d’une reproduction de l’étendard de l’ESMAT (le vrai est lui aussi à Vincennes).

Et puis, le doyen, le drapeau des vétérans des armées de terre et de mer 1870-1871 avec sa devise « N’oubliez jamais » retrouvé roulé dans les locaux de la mairie de Châteauroux.

Une collection qui pourra s’enrichir des drapeaux de conscrits, confectionnés à l’occasion du conseil de révision.

Les Amis du Centre de Mémoire de la Présence Militaire à la Martinerie et dans l’Indre ont encore plein d’histoires à raconter. Ils sont actuellement 450, dans l’Indre, un peu partout en France, mais aussi dans les territoires d’Outre-mer ou au Canada.

Si vous souhaitez les contacter voici le site internet de l’association:  www.les-amis-du-site-militaire-de-la-martinerie.org et les coordonnées du président : jlberenguier@orange.fr – tel : 06 72 69 30 40

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