L’AFPA se retire de l’Indre, les élus tonnent

FORMATION En octobre on ferme, dans l’Indre. La maternité du Blanc, des bureaux de poste à Châteauroux et les deux centres de formation professionnelle AFPA de Châteauroux et Issoudun.
Pierre Belsoeur

La fermeture définitive des grilles est programmée à Châteauroux.

Les vieux sont l’avenir de l’Indre. C’est la déduction que l‘on peut tirer de l’actualité récente. Un département qui ferme une maternité et des centres de formation professionnelle ne peut plus compter que sur ses vieux. Alors les maisons de retraite ouvrent leurs portes, tout comme les résidences pour personnes âgées avec des maisons médicales puisque le troisième âge est en tête de la consommation médicale et para médicale.
Quid de cette fermeture du centre Afpa qui fait hurler les élus? On n’en saura pas plus que ce qu’annonce le communiqué de la direction nationale. Localement, le directeur des centres de Châteauroux et Issoudun nous prévient très poliment qu’il ne peut pas répondre à nos questions « mais je transmets votre demande à notre service de communication national qui reprendra contact avec vous ». Peut-être en saurons nous plus long un jour.
Il faut donc pour le moment nous en tenir au communiqué de la directrice générale de l’association de formation professionnelle des adultes (AFPA) qui nous annonce que l’AFPA « entre dans une nouvelle ère pour renforcer sa mission de service public(…) à la recherche de coopérations nouvelles au service de l’émancipation de tous ».
La traduction triviale est la suivante : on perd trop d’argent et on ferme les centres qui nous coûtent notre chemise (en politiquement correct on dit : qui ne trouvent pas leur public).
Pas de chance Châteauroux et Issoudun n’ont manifestement pas trouvé leur public et seront donc rayés de la carte. Une douzaine d’agents d’Issoudun et une dizaine de Châteauroux iront donc « relever le défi de la transformation, qu’attendent les demandeurs d’emploi, les entreprises et les régions » ailleurs que dans l’Indre.

Quasi unanimité
Une annonce qui a entraîné de multiples réactions. Celle de François Bonneau puisque la formation permanente fait partie des prérogatives de la région : « cette décision brutale, prise sans concertation avec la région et les élus locaux, est une aberration totale pour les demandeurs d’emploi, les entreprises et les territoires de notre région ». En Centre-Val de Loire, l’AFPA est le premier opérateur régional de formation avec une commande publique de près de 2000 places par an pour un montant de 14 M€. Elle participe jusqu’à aujourd’hui au maillage de notre territoire pour que chacun puisse se former près de chez lui en lien avec des emplois identifiés ». En plus d’Issoudun et Châteauroux, Blois, Montargis, Veigné risquent également de disparaître ce qui risque de sérieusement limiter le « près de chez soi » souhaité par la région.
L’annonce a également conduit Gil Avérous et André Laignel à se fendre d’un communiqué commun. Le maire Les Républicains de Châteauroux et le maire PS d’Issoudun entendent « refuser cette décision, car nous ne voulons pas que notre territoire devienne un désert de plus : celui de la formation tout au long de la vie ».
Au delà de cette belle unanimité, le représentant FO au comité régional d’établissement de l’AFPA rappelle tout de même à François Bonneau que « c’est la région qui a coupé les crédits à la formation de conducteurs-outils qui était l’activité principale du centre de Châteauroux ». Un centre étonnamment vaste qui occupe plusieurs hectares sur le plateau de Vaugirard avec ses ateliers, ses salles de cours, ses bâtiments d’hébergement et d’administration. Une sacrée réserve foncière pour bâtir, pourquoi pas… un habitat regroupé pour personnes âgées.

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