La Principauté de Boisbelle

Seconde partie : Les Légendes de Boisbelle

Plusieurs légendes entourent l’histoire de la principauté.

Les trois version de la légende de Bois Belle !

La première légende concerne Charles VII. Celui-ci était surnommé le roi de Bourges car il s’était proclamé roi de France depuis Bourges en 1422. Il avait 19 ans, son père venait de mourir et malgré le traité de Troyes de 1420 qui le déshéritait du royaume au profit de la dynastie anglaise des Plantagenêt, il voulait régner sur la France. Charles VII séjournait à Bourges au Palais Ducal.

Un jour, il était parti à la chasse dans le Pays Fort en compagnie de la belle Agnès Sorel.

Comme il faisait très chaud et la belle Agnès avait soif. La troupe du roi lui chercha une fontaine. Elle en trouva une au milieu d’un village. Agnès Sorel s’en s’approcha, elle pencha son doux et gracieux visage vers l’eau, afin de se rafraîchir.

Le roi mit alors aussitôt pied-à-terre, de ses mains royales il fit une coupe pour recueillir l’eau. Il présenta ses mains à la dame de Beauté et lui dit : « Bois, belle ! ». C’est ainsi qu’aurait été nommée la fontaine du village et par la même le village entier.

La Légende populaire semble oublier qu’au temps des romains déjà, se trouvait à cet endroit un territoire jouissant d’une certaine autonomie qui portait le nom de « Boscabellum », nom qui aurait évolué vers le français Boisbelle. La belle Agnès n’a sans doute rien à voir avec le nom du lieu.

Une variante de la légende prête à Henri IV l’appellation de l’endroit. Dans cette version, le roi de France chassait à courre dans les hautes futaies qui s’étendaient jadis depuis la Capel-Dam-Gilon jusqu’au Fief-Pot. Cette fois, le roi n’était accompagné d’aucune maitresse. La meute qui poursuivait la bête fauve amena la troupe royale dans une clairière arrosée par une fontaine près de laquelle se désaltérait une jolie fille du pays.

La paysanne, effrayée par l’aboiement des chiens et troublée aussi par l’apparition de la suite magnifique du roi, laissa choir le vase qu’elle portait à ses lèvres :

– N’aie pas peur, lui aurait dit alors le roi Henri IV, « bois, belle ».

Cette légende veut que depuis cette rencontre, on donna le nom de Boisbelle d’abord à la fontaine et ensuite aux quelques cabanes qui l’environnaient. Mais cette fois encore, la légende oublie l’histoire ; Boisbelle s’appelait déjà Boisbelle bien avant que le cheval d’Henri IV n’y mette les sabots pour la première fois !

Une troisième version de la légende est livrée dans « l’Almanach du Cher de 1862 », Cette fois, la belle est la Princesse de Boisbelle. Elle ne croise pas le roi de France, mais une vieille femme à laquelle elle demanda à boire. La vieille femme, émerveillée de la beauté de son interlocutrice, courut à la fontaine voisine afin de satisfaire son désir, et dit, en présentant un gobelet plein d’eau à la princesse: « Bois, belle. »

Le chapeau d’Henri IV

Les fréquentes visites du roi Henri IV à Henrichemont ont bien entendu entretenu les croyances populaires. Une seconde légende met en scène le roi dans la principauté.

Henri IV chevauchait un jour seul, sans sa suite à travers les terres du grand Sully. Il traverse le village de Boisbelle sur son chemin, il rencontre un paysan assis au pied d’un arbre.

« Que fais-tu là ? Lui dit le roi

– Ma foi, Monsieur, j’étions là pour voir passer le roi »

– Si tu veux monter sur la croupe de mon cheval, je te conduirai à un endroit où tu le verras tout à ton aise »

Le paysan monte et chemin faisant, il demande comment il pourra reconnaître le roi

« Tu n’auras qu’à regarder celui qui aura son chapeau, pendant que tous les autres auront la tête nue »

Le roi joint la chasse et tous les seigneurs le saluent

« Hé bien , dit-il au paysan, qui est le roi ?

– Ma foi, Monsieur, il faut que ce soit vous ou moi, car il n’y a que nos deux qu’ayons nout’ capiau sul l’têtiau !»

J’ai entendu pour la première fois ces légendes dans les années 90, de la bouche de Joseph Gueguen, ancien maire de la commune d’Henrichemont et conseiller général du canton. J’ai pu les retrouver dans le livre édité en 1865 par Adrienne Depuichault « Histoire du royaume de Bois-Belle »

Christophe MATHO

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