Graçay – Objectif atteint pour le 2e Festival de la parole et du livre


La culture populaire à l’honneur avec un extraordinaire Pierre Meige, messager de la vie poétique.
Lors du 1er festival de la parole et du livre en 2016, nous avions eu le privilège de côtoyer des artistes, écrivains, chanteurs de talent pour nous transporter dans ce bel univers des mots et de la musique pour tous. Cet avant-dernier week-end d’octobre, les visiteurs, spectateurs, amoureux d’histoire, de poésie, celle qui remplit le cœur avec de superbes notes de musiques ont été gâtés. Que se soit dans les conférences et notamment celle d’Henri Letourneau bien connu pour ses récits historiques et qui a captivé son auditoire en prenant appui sur son essai et analyse critique de son nouveau livre : « Les grandes illusions de la Grande Guerre ». Une critique de la vérité toute faite… Une trentaine de personnes ont écouté avec intérêt ces témoignages et récits. Des expositions particulièrement suivies (plus de 100 personnes recensées), telle celle des évènements de 1968, avec les luttes locales des travailleurs, des moments et témoignages forts de cette vague qui avait soulevé tout le pays. Des films très intéressants et qui ont reçu un bon accueil du public et que dire de l’excellence quant à la prestation de Pierre Meige, auteur compositeur, musicien, qui a ému la quarantaine de personnes lors de son diner chanson au café du Commerce. Jean-Pierre Bambier, un des artisans du festival, était heureux et fier et expliquait que « c’est plus de 180 personnes qui sont passées à toutes les activités, animations, rencontres, débats expositions, ce qui est dans la même dynamique de notre premier festival voilà deux ans. Le niveau était aussi relevé et notre objectif de rendre la culture populaire au cœur du monde rural est rempli. ». Tout à fait dans la ligne de cette soirée où Pierre Meige a ému, enthousiasmé, subjugué son auditoire.

Homme de mots et de musique.
Il a démontré, s’il en était besoin, combien le sens des mots est important. « Je suis un homme de mots et de musique, un troubadour, messager de l’amour, un papillon qui se pose sur les fleurs qui vivent à l’intérieur de votre cœur ». Lorsque vous écoutez une telle chanson, vous êtes cloué sur votre chaise et pris par cette voix chaleureuse et juste qui égrène des « mots, des notes et des soupirs », des « arpèges déposés en douceur qui s’écrivent simplement avec le cœur… ». Troubadour de l’amour et des bons mots, celui qui débuta très tôt (4 ans) dans la musique, celle qui semble couler comme une source vive sur les touches de son piano. Il débute dans les pianos bar de Saint-Germain-des-Prés et en 1980, entame une carrière de chanteur solo et signe six albums. Il passe au Printemps de Bourges en 1984, puis revient en 1985 et 1990. « Bourges fut un énorme tremplin, en 1985, je passe au Grand Théâtre et tout s’enchaîne . » Les Francofolies de La Rochelle, où il se produit avec les Rita Mitsouko, le théâtre de la Ville à Paris, le Bataclan en 1989 et 1991, il participe à la célèbre émission de Jean-Louis Foulquier, Pollen et pendant plus de dix ans, il revient au festival de Vendôme dont il est l’invité d’honneur du salon de la poésie et de la nouvelle en 2011. Chevalier de l’Ordre national du mérite en 2009, Pierre Meige, outre sa voix sublime et son talent de musicien est un véritable musicothérapeute : « le beau n’est pas toujours le luxe. Imaginez un peu, je vais dans les unités Alzheimer, j’arrive avec mon accordéon et je chante. En quelques instants, des dames retrouvent une mémoire musicale, elles se mettent à fredonner les chansons anciennes ; n’est-ce pas beau que de redonner un peu de parole à ceux qui ne parlent plus ? Ce sont ces mots qui ont de l’importance, surtout s’ils sont bien posés… Il faut poursuivre, distribuer sans compter notre patrimoine musical et populaire, à la suite des Gréco, Aznavour, Ferrat et le plus grand Trenet. Ces gens-là sont des passeurs de bons mots, tout comme ceux de ma génération, Higelin, Lavilliers. On redécouvre les Brassens et autres, on a la chance d’avoir une grande culture populaire, une belle langue qu’il faut préserver. L’émotion est toujours là, c’est ma culture et je veux en faire profiter le plus grand nombre. »
« La poésie m’a sauvé la vie » chantiez-vous à Graçay et vous, vous nous l’avez embelli.
Jacques Feuillet

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