Décès de Claude Seignolle

Il y a un peu plus d’un an, nous fêtions les 100 ans de Claude Seignolle, et sa voix, sonore toujours, répondait à notre appel… Chose devenue impossible depuis ce vendredi 13 juillet.

Vendredi 13, une date comme un clin d’œil encore, de celui qui aimait le mystère des coïncidences, l’étrange, l’inexpliqué… Sans doute de nombreux hommages vont-ils saluer cet immense écrivain, l’originalité de ses thèmes et la vigueur de son style. L’UCPS le fit découvrir à bon nombre de Solognots, avec ses spectacles, mis en scène par Jean-Paul Louveau : « Marie la Louve » (1984 et 1985) et « la Malvenue » (1998 et 1999). Nos conteurs aussi, se laissèrent ensorceler. A ceux qui ont eu la chance de le connaître plus personnellement, il va manquer, beaucoup. A ceux qui ont encore à le découvrir, profitez de ces jours ensoleillés pour frissonner avec « les Evangiles du Diable », « La Nuit des Halles », et répondez à « l’Invitation au Château de l’étrange ».

Pour tout renseignement, contacter : Union pour la Culture Populaire en Sologne
Tél. 02 54 88 71 09 – courriel accueil@ucps.fr – www.ucps.fr


Hommage

Marie du Berry se souvient. « Je me régalais de nos échanges téléphoniques, je lui racontais que je jouais Marie la Louve avec beaucoup de plaisir, un peu partout dans la région, et souvent chez moi à la Renardière, pour des écoles de la région parisienne. Il savait aussi que je promenais très souvent des groupes amateurs de diableries qui voulaient aller dans les pas de cette jeune sorcière qui avait le pouvoir de guérir de morsures de loups. Et voilà qu’aujourd’hui, en l’an 2018 le bateleur de chimères comme l’a baptisé sa biographe Marie-Charlotte Delmas n’est plus et il a réussi à vivre plus de 100 ans et il est mort un vendredi 13 ! »

Né le 25 juin 1917 à Périgueux à l’ombre des grottes préhistoriques, il se passionne pour les traces laissées par les pierres ou par les contes dans les mémoires, a réussi à combattre le temps qui passe, pour atteindre une sorte d’immortalité. Car cet homme a enjambé à lui seul, trois siècles. Il a récolté des histoires du XIXe siècle pour les retranscrire au XXe siècle et nous les livrer au XXIe siècle. Suivant les préceptes du folkloriste Van Gennep, le jeune Périgourdin de 16 ans collecte les matériaux qui constituent la mémoire orale, les traditions et coutumes issues presque du Moyen-Age, les enregistre par écrit pour faire plus tard une véritable anthologie des Contes, Récits et Légendes des Pays de France. Prisonnier en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’évade et après s’être réfugié en Sologne à Presly, devient un grand écrivain avec les Malédictions. Enfin, après avoir entrepris les rééditions de ces nombreux ouvrages, il aborde l’an 2000 en ayant accumulé plus de 50 000 autographes de Voltaire, Rousseau, Stendhal etc. « C’est bien l’homme de la trace reprend Marie du Berry. Je lui avais fait un grand plaisir, un jour que j’avais obtenu des nouveaux propriétaires de l’auberge du cheval blanc de Saint-Montaine, l’autorisation de la visiter, j’avais pris en photo le chambranle de la porte de la chambre où il avait gravé « Ici dans cette chambre, j’ai écrit Marie la Louve. » Il me répondit : « Cette chambre au plancher grinçant dont j’entends encore le bruit inquiétant, a vu naître, plume en main, le personnage du Meneur de Loups, celui qui dota Marie du pouvoir de guérir les morsures (de loups). Anecdote authentique, de la bouche de Marie Vanier, et dont le texte a maintes fois été reproduit dont une Librio d’anthologie « La Dimension Fantastique » a dépassé les 800 000 exemplaires et qui vient d’être réédité dans un choix limité à 26 auteurs mondiaux (Librio n° 968, 350 pages, 7 euros) qui lui donne une dimension internationale. Avec mon amitié reconnaissante pour votre propagande autour de notre héroïne, votre protégée. Claude Seignolle ». Marie du Berry va jouer Marie la Louve, un spectacle qu’elle a écrit et mis en scène, en nocturne au château de la Grand Cour à Mornay-Berry près de l’abbaye de Fontmorigny, les vendredi 24 et samedi 25 août prochains, gageons qu’elle lui rendra un vibrant hommage en ces soirs de la pleine lune et qu’il est capable de se manifester d’une manière ou d’une autre.

Réservation obligatoire au château de la Grand Cour :
02 48 80 24 45.

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