Châteauroux – Comptoir des Pharmaciens : un frémissement

Le pignon est du bâtiment tel que vous ne l’aviez pas vu depuis des lustres.

Le bâtiment à l’abandon est désormais débarrassé de sa gangue végétale, mais il faudra attendre la fin de l’année pour avoir une vue précise du plan masse que prépare Urba City pour ce secteur des bords de l’Indre.

Le Comptoir des Pharmaciens, squelette de béton parfaitement anachronique entre la rue de l’Indre et la rivière, à l’abandon depuis une vingtaine d’années, s’enfonçait petit à petit dans la végétation. Erables et peupliers n’ont pas besoin de plus de temps pour reconstituer un bosquet. Une aubaine pour les squatters en tous genres venus faire la « teuf » à l’abri des regards (mais pas toujours des oreilles).

Ils doivent être les seuls à regretter l’intervention spectaculaire d’Insert Jeunes fin août début septembre. En deux petites semaines les tronçonneuses et débroussailleuses de l’entreprise d’insertion ont fait place nette et la petite forêt a vidé les lieux à bord d’un certain nombre de bennes vers le centre de recyclage le plus proche. Pour ce faire le grand portail de la rue de l’Indre avait été ouvert offrant un panorama étonnant sur la future résidence « Les Lavandières» nom du projet sur lequel planche Urba‘City depuis quelques années.

Peut-on en déduire que le futur projet est sur les rails ? Disons qu’il s’agit d’un frémissement. «Il fallait défricher le terrain, tempère le service d’urbanisme de la mairie, pour permettre aux géomètres de prendre les mesures nécessaires à l’acte de vente». En effet, si le conseil municipal a bien voté, en décembre 2014, le principe de la vente du terrain à Urba’City, le compromis de vente comprenait un certain nombre de clauses suspensives. Le promoteur se donnait d’abord le temps de commercialiser sa dernière grosse réalisation : « les Terrasses du palais », sur l’emplacement de l’ancienne prison, face au palais de justice.

Le grand bâtiment préservé

La vente peut désormais être envisagée, sous réserve bien entendu de l’obtention du permis de construire. Du nombre de mètres carrés de logements autorisé dépend le modèle économique du projet. c’est pourquoi Claude Mamalet, responsable du projet avec Jean-Marc David chez Urba, se donnent jusqu’à la fin de l’année avant de communiquer sur l’avancement du dossier.

Même prudence chez Charles Oliveiro, patron du cabinet d’urbanisme Architec-PUR, qui a toujours dans ses cartons les plans du bâtiment principal réhabilité. Les appartements iront du T2 au T5 avec des balcons inclus dans le bâtiment, la volonté du promoteur étant de conserver la construction sans adjonction d’éléments extérieurs. Les terrasses seront donc logées en sous toit, dans les angles. Le reste du projet comprend la construction de deux maisons de ville, en lieux et place du fameux portail qui a laissé apercevoir l’état actuel de la friche. La troisième maison, à l’abandon depuis plus de vingt ans, mais classée, sera réhabilitée. Quatre autres maisons de ville avec jardin prendront la place des bâtiments qui vont disparaître, le long du parking sauvage. Le traitement de l’autre partie, avec ouverture de la rue des Ponts est semble-t-il moins abouti, le sort d’un ancien bâtiment des établissements Mesnager n’étant pas encore tranché. Le promoteur souhaiterait également intégrer les bâtiments de l’entreprise Gaudebert dans l’opération.

Voici un début de réponse à ceux qui longent jour après jour les palissades de chantier et désespèrent de voir un jour renaître cet espace (ou redoutent de perdre leur parking gratuit). Les automobilistes auront sans doute un peu plus de chemin à faire pour rejoindre la rue de l’Indre et la Grande Echelle, mais un cheminement sera préservé au milieu de cet espace ré-urbanisé pour rejoindre un parking paysagé.

Pierre Belsoeur

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