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Présidentielle : il faut changer les règles du jeu disent les maires ruraux

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Les « états généreux de la ruralité dans l’Indre » ont permis aux élus ruraux de réflechir un après-midi sur les interpellations à adresser aux candidats à la présidentielle.

L’Indre n’était évidemment pas le seul département concerné par les états généreux de la ruralité, mais avec la présidence de Vanik Berberian, président national des maires ruraux la manifestation prenait évidemment une autre dimension puisque le département avait ouvert tout grand ses portes à cet après-midi de réflexion.

Répartis en six ateliers les participants avaient deux heures pour réfléchir sur l’aménagement du territoire, la santé, l’école et les services publics, le patrimoine le tourisme et la culture, l’agriculture et le développement économique.

Sans surprise c’est la santé qui a donné lieu au rapport le plus grave. Le constat dressé par Louis Pinton, rapporteur de cet atelier est sans équivoque « Un territoire privé de services de santé se stérilise. Le sud du département a franchi le seuil critique puisque mille cinq cents patients se retrouvent sans médecin référent. Les mesures prises depuis quinze ans ne produisent aucun effet, il va donc falloir passer de l’incitatif à la contrainte et ne plus accorder le conventionnement aux jeunes médecins qui désirent s’installer dans une zone sur dotée. » La bataille n’est pas gagnée puisque l’assemblée nationale a repoussé la veille du débat, un amendement allant dans ce sens lors du vote du projet de financement sur la sécurité social. Les bémols mis à cette mesure par les médecins présents dans la salle n’ont pas pesé lourd face à la validation par acclamation d’une demande soutenue par Louis Pinton, Vanik Berberian et Serge Descout.

La loi NOTRe ne fait pas recette

La loi NOTRe qui a redistribué les compétences entre départements et régions n’a pas trouvé beaucoup de défenseurs du côté des différents rapporteurs. Michel Blondeau a demandé de « rétablir les communes dans leur rôle d’assurer le lien social et laisser les conseils municipaux maîtres de leurs délégations » Nicolas Forissier a lui aussi relevé au nom de son atelier « l’organisation territoriale qu’on nous impose provoque la confusion». Il a également dénoncé le mode de décision sans consultation des élus et la politique du fait accompli. « Les engagements doivent être durables …et tenus. » Le président départemental du parti Les Républicains estime également que c’est à la population de s’engager aux côtés des élus, un raisonnement que l’on a plus l’habitude d’entendre du côté du Front de Gauche.Roland Caillaud, maire de Pouligny, a lui aussi regretté que les prérogatives du département en matière agricole aient été transférées à la région et plaidé pour le retour aux exploitations familiales seules à même de redonner vie au monde rural. « Il faut mettre des limites à l’expansionnisme. »

Les poilus au secours de la ruralité

Les maires ruraux avaient invité l’amiral Jouhaud comme grand témoin de leurs travaux. Ce dernier en a appelé à la Fraternité pour forcer la main aux étudiants en médecine à venir au chevet du monde rural. Il a aussi souligné que l’Indre avait « Une agriculture moderne qui ne fait que produire. Il faut lui associer une industrie de transformation… comme à Pouligny-Saint-Pierre » a souri le citoyen de Prissac.

En bon militaire le grand témoin a conclu sur les valeurs du monde rural. « Il faut que le monde rural s’inspire de ceux qui ont gagnés la bataille de Verdun voici cent ans, les Poilus, des ruraux fiers tenaces et optimistes. »

Avec ce carnet de doléances Vanik Berberian pense que les candidats ne feront pas l’économie d’une réflexion sur la ruralité. A suivre donc.

Pierre Belsoeur

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