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Louis Pinton, patron de l’Indre, s’en est allé

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Il avait quitté la présidence du département au printemps mais le sénateur Pinton restait le maître du jeu politique départemental de la droite et du centre.

Louis Pinton avait surpris tout le monde en annonçant, juste après le vote du budget 2016 qu’il quittait son poste de président du conseil départemental le 8 février. Le sénateur Pinton qui siégeait depuis 2007 dans la Haute Assemblée, a consterné le monde politique, ses amis, sa famille, en décédant brutalement dans sa chambre d’hôtel, à deux pas du palais du Luxembourg, le 17 novembre, à l’âge de 68 ans.

Six ans après avoir prononcé l’éloge funèbre de François Gerbaud, Gérard Larcher, redevenu président du sénat à l’automne 2015, était de nouveau en l’église Saint-André de Châteauroux pour saluer un ami.

Au delà des formules que l’on retrouve dans les hommages funèbres, c’est bien un souvenir personnel récent qu’a évoqué le président du sénat en parlant de leur rencontre à Gireugne afin d’inaugurer une ferme thérapeutique pour le retour à la vie sociale. Allier le social et les soins donnés aux animaux ne pouvait que séduire les deux anciens vétérinaires.

Docteur vétérinaire, Louis Pinton a exercé son art de ferme en ferme, les pieds dans la boue. Il est resté droit dans ses bottes lorsque, respectant une tradition bien établie dans les cantons ruraux, le vétérinaire, le médecin ou le notaire devient conseiller général. Pour Louis Pinton cette entrée en politique date de 1992 lorsqu’il a battu le maire d’Aigurande Pascal Courtaud. En 1998, il succède à Daniel Bernardet dans le fauteuil de président du conseil général. Un fauteuil qu’il a donc occupé sans interruption jusqu’au 8 février 2016, date à laquelle il cèdera sa place, préférant ne pas attendre l’application de la future loi sur le cumul des mandats.

A ses obsèques solennelles, célébrées par Mgr Maillard, archevêque de Bourges, se pressaient un nombre considérable de maires de l’Indre, aux côtés des élus départementaux, dont Serge Descout, son successeur à la tête du département, de deux parlementaires, du président du conseil régional et des représentants de l’Etat. Les pompiers de l’Indre en grand uniforme ont porté le cercueil de celui qui était demeuré le président du SDIS.

Louis Pinton laissera le souvenir d’un excellent gestionnaire. L’Indre est le département le moins endetté de France, ont rappelé tour à tour Serge Descout et Gérard Larcher. « Je sais faire les additions… et les soustractions » avait-il rappelé avec ce sourire malin que connaissaient bien ses interlocuteurs, pour demander à occuper le poste de rapporteur général du budget. Il n’aura pas pu analyser pour ses collègues le budget 2016, pas plus qu’il n’aura mené à bien sa croisade contre l’avancée du désert médical. Un combat dans lequel il n’hésitait pas à se dresser face aux médecins libéraux.

Patron politique du département, Louis Pinton affirmait repérer les élus de terrains qui auraient la stature pour former sa majorité départementale, arbitrant avec doigté la nouvelle donne liée au redécoupage cantonal et à l’application de la parité.

Passionné de bridge, il était aussi un père attentif, comme l’ont rappelé avec pudeur, humour et émotion son fils et sa fille au cours d’une cérémonie empreinte d’une grande dignité.

Pierre Belsoeur

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