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Les cyanobactéries n’ont qu’à bien se tenir

Châteaurouroux

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Depuis la mi-décembre un tapis végétal flotte sur le lac de Belle-Isle. On compte sur les racines de plantes aquatiques pour piéger les cyanobactéries qui se multiplient par temps très chaud et perturbent la baignade.

Les canards et les hérons hésitent encore à utiliser cette drôle de chose flottante comme perchoir. La frise métallique qui entoure l’espace végétal ne leur dit rien qui vaille. C’est vrai que l’atterrissage en vol plané n’offre pas toutes les garanties de sécurité. Mais justement, ce n’est pas une piste d’atterrissage pour canard et hérons. La chose qui flotte sur le lac de Belle-Isle est certes un piège, mais à cyanobactéries.

Les cyanobactérie, comme vous sans doute, adorent l’eau chaude. Au coeur de l’été elles se multiplient à profusion et rendent les eaux du lac de Belle-Isle (et de bon nombre de plans d’eau dormant d’ailleurs) impropres à la baignade. L’élévation de la température, et la baisse de l’oxygénation de l’eau favorisent le développement de ces micro-algues susceptibles de libérer des toxines et de faire courir une risque pour la santé des baigneurs.

2015 avait sonné l’alarme

L’été 2015 avait été particulièrement désagréable, les relevés concluaient trop souvent à des concentrations d’algues supérieures à la limite autorisée qui conduisaient la ville de Châteauroux à y interdire la baignade. Un bureau d’études a donc été missionné (il s’agit d’A.D.E.V Environnement, au Blanc), afin d’étudier le phénomène et de proposer une solution. La pose de radeaux flottants est une des solutions possibles. C’est pourquoi ce premier radeau de 96 m2 est installé, afin de tester le dispositif en vue d’une extension en cas de résultat positif.

Le concept des radeaux végétalisés flottants se caractérise par des aménagements originaux et esthétiques. La fameuse frise métallique qui incite les oiseaux à la prudence c’est la trame métallique qui entoure un lit de fibres de coco à travers laquelle vont pousser les végétaux. Un ensemble de plantes sélectionnées parce qu’elles ont joué de tous temps ce rôle d’épurateurs en poussant en bordures des zones humides. Les radeaux permettront la formation d’un nouvel écosystème et, en sous-face, grâce aux systèmes racinaires des végétaux, l’ensemble participe au processus d’épuration naturel du plan d’eau. De plus, les radeaux végétalisés, en couvrant les plans d’eau, diminuent la température de l’eau, font obstacle aux UV et donc conduisent à une réduction du développement des algues.

Un radeau et peut-être un brasseur

En complément de l’installation de ce type de radeau, l’utilisation de brasseurs d’eau est préconisée. Il s’agit d’appareils flottants équipés de roues à aubes animées par des moteurs électriques alimentés par des capteurs solaires. En brassant l’eau ils permettent d’améliorer l’homogénéité de la température et l’oxygénation des eaux du lac.

Sur le papier l’expérience est enthousiasmante. Tout est cependant affaire de volume. Le fonctionnement du premier radeau sera bien évidemment surveillé de près afin de mesurer son efficacité et d’en déduire le nombre de mètres carrés de lac qu’il faudra couvrir, pour espérer gagner la bataille contre les cyanobactéries.

Les tapis flottants sont plutôt esthétiques, ils séduisent déjà les pêcheurs installés autour de l’étang à guetter le carnassier. Lorsque les plantes se développeront le coup d’oeil en sera encore amélioré. On ne pourra pas en dire de même des brasseurs d’eau… A moins d’inventer des pédalos géants animés par des sportifs en quête de musculation. Voilà des emplois jeunes tout trouvés à mettre en place pour le prochain été.

Pierre Belsoeur

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