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L’apprentissage, meilleur moyen d’assurer la pérennité d’une entreprise


« Venez chez nous avec une vraie envie ». Pendant une journée, Vincent Cloué et les cadres de son entreprise se sont mis à la disposition de leurs apprentis.
Jeans et chemise sans cravate, Vincent Cloué avait adopté la tenue qui lui permettait de se fondre dans la masse des cinquante personnes réunies dans une salle de la CCI Balsan. Patron de PME de deux cent salariés, spécialisée dans la vente et la réparation de matériel agricole sur huit départements (voir ci-dessous), il accueillait ce jour-là vingt-et-un apprentis (16 en ateliers, 4 en vente et une en comptabilité) accueillis dans l’entreprise. Au programme de la journée, brève causerie du patron, tables rondes mêlant apprentis et maîtres d’apprentissage, déjeuner et accrobranches l’après-midi pour prendre du plaisir à symboliser l’interdépendance entre formateurs et élèves. La démarche n’est pas courante, comme le reconnait Pascal Basset, directeur du CFA agricole du Cher venu assister les cadres de l’entreprise dans cette journée d’échanges. « Dans les entreprises de taille importante, mais où il y a encore un patron et non pas un directeur général soumis à une autorité supérieure et à un actionnariat, on trouve des procédures d’intégration, mais pas poussées à ce point. » Vincent Cloué ne se cache pas derrière son petit doigt. Le discours qu’il tient à ses apprentis est direct. Si ce dernier compte dix pour cent d’apprentis dans son effectif, c’est que la profession évolue à toute vitesse. Il n’a pas besoin d’apprentis pour balayer l’atelier mais pour avoir des techniciens, des vendeurs ou une comptable bien formés qui acquièrent la culture de l’entreprise. « Si nous consacrons du temps à votre formation sur l’échange qui doit exister entre les jeunes en formation et leurs formateurs, c’est pour que vous ayez envie de rester avec nous à la sortie. Trente-deux personnes sont entrées dans l’entreprise par l’apprentissage. La plupart sont vos maîtres d’apprentissage. C’est en formant notre personnel que nous assurons l’avenir de l’entreprise. » Pas seulement un discours puisque JC Fouleau, embauché à 14 ans en apprentissage, est devenu directeur technique, que Stéphane, entré comme magasinier, devenu responsable du magasin de Loches, s’apprête à prendre la direction du secteur agriculture de précision… Le patron a insisté sur l’implication demandée aux apprentis « Il faut que vous soyez acteurs de la situation. Ici tout le monde à son mot à dire. Vous ne devez pas rester dans l’attente d’une réponse à vos questions. Sans l’engagement des uns et des autres, cet apprentissage ne servira à rien. »
De nouvelles pistes
C’est Benoît Bost, directeur de l’Ecole Familiale Rurale de Sorigny, qui a accueilli quelques apprentis de l’entreprise qui avait élaboré la méthode de travail des tables rondes où maitres et élèves s’interrogeaient sur « qu’est-ce que l’apprentissage », « pourquoi faire », « quelles sont les clés de la réussite ». L’occasion d’échanger en petits groupes de permettre aux maîtres d’apprentissage de faire part de leur expérience et aux jeunes de prendre la parole. Au terme d’une heure trente de « brain-storming » la mise en commun ouvrait de nouvelles pistes à Vincent Cloué pour marteler son message. « N’oubliez pas de vous poser la question ; qu’est-ce qui va se passer demain. Dans votre monde, il va y avoir de la casse. D’où l’importance de la relation clients, pour le commercial comme pour le technicien. Notre supériorité par rapport à Amazon, c’est que les clients, nous, on les connait. »

P. B.


110 ans d’histoire familiale

L’histoire de l’entreprise Cloué a commencé voici 110 ans à Géhée, bourgade de l’Indre où l’arrière grand-père de Vincent Cloué était maréchal-ferrant. De la forge où l’on martelait les fers rougis sur le feu de charbon, à l’ordinateur embarqué qui permet à la machine traînée par le tracteur de déposer exactement les doses d’engrais nécessaires dans le sol, quatre générations ont accompagné le développement du machinisme agricole. Cloué, c’est désormais dix-neuf magasins spécialisés dans la distribution et l’entretien de matériels agricoles, viticoles et espaces verts. Quatre structures, c’est-à-dire Cloué SAS, Cloué Equipement, Pro Culture équipement (PCE) et Fermes et Jardins, rassemblent 220 salariés dont 110 techniciens. « Nos 80 camions ateliers nous permettent d’effectuer à domicile l’entretien et la plupart des réparations sur le matériel que nous avons vendu, » se réjouit Vincent Cloué. Le groupe, qui est présent dans l’Indre, le Cher, le Loir-et-Cher, l’Indre-et-Loire, la Vienne, le Maine-et-Loire et l’Allier, a doublé le nombre de ses salariés en dix ans. Dans l’entreprise, la moyenne d’âge est de 32 ans. L’entreprise dispose de douze postes pour lesquels elle n’arrive pas à recruter les profils nécessaires. L’évolution technique nécessite une remise en cause permanente des salariés. « Pour rester à la pointe des nouveautés, a confié Vincent Cloué à ses apprentis, je passe une journée par mois en formation. »

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