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Expéditions en terre inconnue : Rémi Camus aventurier pour de nobles causes

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Nous avons rencontré Rémi Camus, extraordinaire et attachant personnage, chez lui, à Saint-Martin-d’Auxigny. Ce garçon de 31 ans à l’allure hyper décontractée nous a reçu fort aimablement en compagnie de sa jeune épouse Lisette Ayala, mexicaine, qu’il a rencontré en Thaïlande. Leur mariage date de ce printemps. Son témoignage recèle de belles histoires humaines. Aventurier certes mais également humaniste, ses deux expéditions auront chacune un ancrage dans une noble cause. La première en 2012 est la traversée de l’Australie de Melbourne à Darwin avec un passage dans le célèbre Bush australien, soit 5400 km seul, sans assistance, en courant et en tractant une remorque confectionnée par ses soins pesant 40 kg. La seconde, d’octobre 2013 à avril 2014, est la descente du Mékong des contreforts du Tibet jusqu’à son delta au Vietnam soit 4400 km parcourus et six pays traversés (Chine, Birmanie, Thaïlande, Laos, Cambodge et Vietnam) sur un hydrospeed confectionné spécialement pour cette expédition avec des caissons étanches en carbone pour y recevoir son matériel, sa nourriture, ses vêtements…).

L’eau potable, élément vital pour l’homme

Pour ce qui est de l’expédition australienne, comme c’est souvent le cas dans ces « réalisations passion », la genèse est à la fois simple et surprenante. C’est en lisant un livre trouvé sur une brocante relatant l’aventure d’un homme qui avait traversé l’Amérique que Rémi se décide à être lui aussi un aventurier capable de réaliser d’immenses paris : « j’ai lu le livre en une nuit et le lendemain j’ai dit à ma mère : j’ai eu une idée hier soir… si lui a réalisé son rêve ; pourquoi pas moi ? C’est ainsi qu’est né le projet de traversée de l’Australie de Melbourne à Darwin ». L’objectif était à multiples facettes ; réaliser son rêve en se découvrant face aux difficultés d’une vie quotidienne qui allait être rude et parfois extrême et rencontrer des aborigènes, comprendre leur mode de vie. Ce pari de voyager seul, sans assistance, par des températures frôlant les 50° lui a fait comprendre encore plus combien l’eau potable est un élément vital pour l’homme. Ce voyage a aussi été l’occasion de rencontres étonnantes comme ces trois Américains parcourant l’Australie en voiture : artistes magiciens qui offraient des spectacles dans les villages, récoltant de l’argent qu’ils reversaient aux populations en souffrance. Rémi a aussi connu des souffrances physiques comme une déchirure au tendon. Hospitalisé, on lui fait une injection de cortisone et contre l’avis du médecin, il repart le lendemain. Problème de genoux, déshydratation, usure des chaussures qui lui occasionne des douleurs dans le bassin, bref, il connaît des conditions extrêmes mais sans jamais faillir à son objectif. D’autant qu’il court pour une noble cause : percevoir des dons pour l’association française du syndrome de Lowe *. Il vivra 25 jours dans deux communautés aborigènes et cette expérience le sensibilise une nouvelle fois et très intensément au problème de l’eau potable qui sera son support essentiel avec la sauvegarde de la planète, contre les déchets polluants lors de sa deuxième expédition.

La descente du Mékong contre les déchets polluants

En octobre 2013, le voilà reparti pour une aventure toute aussi difficile et dangereuse, la descente en hydrospeed du Mékong, des « portes » du Tibet à son delta au Vietnam soit 4400 km. Le magique « fleuve sacré » n’est pas tendre avec celui qui l’emprunte et encore plus en hydrospeed. Des dangereux rapides de Chine au flux des marées en arrivant près de l’embouchure, ce fleuve est tout sauf une partie de plaisir. La pollution de ses rives est catastrophique avec l’accumulation de détritus en tous genres qui évidemment navre Rémi qui va, tout au long de son périple, devenir un ambassadeur de sauvegarde de la planète en informant les populations rencontrées sur l’urgence de respecter leur environnement pour un accès à l’eau potable. Cette population riveraine (10 Ml de personnes) pour qui ce n’est pas la priorité et qui déverse tout dans le fleuve. Là aussi, les anecdotes ne manquent pas avec des jambes couvertes de plaies dues à la pollution, des hospitalisations, des arrestations et ennuis avec les autorités policières et militaires comme ce moment où en pleine nuit, au Vietnam, à 3 km de son point d’arrivée, il fut sorti du fleuve par des militaires de la Navy éberlués de voir cet homme, couvert de boue, sentant les égoûts, émerger de l’eau dans un secteur surveillé par la marine. De ce périple est né un projet maintenant opérationnel : une machine qui transforme le plastique des déchets en carburant. Elle transforme le plastique en sa matière première d’origine, le pétrole. Ce phénomène conduit ensuite à l’obtention d’une huile brute qui, une fois raffinée, devient un carburant. Aujourd’hui, Rémi, accompagné de son épouse Lisette se consacre à des conférences notamment envers les scolaires pour cette sensibilisation à l’accès à l’eau potable, à la présentation d’une vidéo pour une émission de téléréalité, à rechercher des partenaires pour la création d’une barge équipée de cette machine à transformer les déchets en énergie pour un Mékong propre. L’aventurier humaniste et écologiste ne serait plus sans un autre projet en tête qui se situerait peut être sur le toit du monde mais chut…qui vivra verra.

Jacques Feuillet

*Syndrome de Lowe : maladie génétique rare et oubliée. Maladie caractérisée par des anomalies des yeux, du système nerveux et des reins.


expéditionterreinconnue.com

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