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Châteauroux – La fédération française de tir dans ses murs à La Martinerie

Le stade de tir aux plateaux, l’installation la plus spectaculaire du site

Le chantier du centre national de tir s’achève. Les responsables de la fédération préparent les premières compétitions. Championnat de France de tir de vitesse en juillet et championnat du monde en août.

Tous les projets concernant la reconversion de la Martinerie n’évoluent pas à la même vitesse. Douze mois après la pose de la première pierre du centre national de tir sportif de la fédération française, le projet est devenu réalité. Derrière les merlins de terre que l’on aperçoit de la route de Lignières, les stands de tir sont construits. En douze mois un équipement, sans équivalent en Europe est sorti de terre et l’on pourra juger dès la dernière semaine de juillet de l’efficacité d’installations ultra modernes.

500 000 m3 de terre déplacés

Il faut encore mettre des bottes pour emboiter le pas du chargé de communication de la FFTir, Tony Amengual, guide inlassable du chantier du centre national de tir sportif. La pelouse commence à recouvrir les alvéoles du tir sportif de vitesse, première partie des installations qui va accueillir successivement, du 26 au 30 juillet, les sept à huit cents concurrents des championnats de France et du 18 août au 3 septembre les mille cinq cents tireurs des championnats du monde.
Le tir de vitesse se pratique au pistolet. Les concurrents parcourent les trente alvéoles délimitées par des merlins de terre de dix mètres de haut pour toucher, le plus vite possible les cibles qui y seront disposées de façon aléatoire, un peu comme lorsqu’on trace un parcours de slalom. Le vainqueur, est celui qui touche un maximum de cibles dans un minimum de temps.
C’est une de la cinquantaine de disciplines que l’on pourra pratiquer sur le site de La Martinerie et qui ont nécessité la construction d’une grande variété de pas de tir, indoor à dix mètres ou extérieurs allant de cinquante à six cents mètres, sans oublier les spectaculaires installations des compétitions de tir aux plateaux : skate, fosse olympique ou double trap qui bénéficient d’un stade avec tribunes. Sans oublier les alvéoles pour le tir au fusil ou à l’arbalète et l’ancien stand de tir militaire réhabilité. Le paradis des tireurs.
Pour obtenir ce résultat il y eut d’abord un gigantesque chantier de terrassement. La construction des merlins a nécessité le déplacement de 500 000 m3 de terre puisque rien n’est entré ni sorti du site. « On a abaissé le niveau du terrain de 1m50 à 5 mètres » explique Bruno Valluet, secrétaire général de la fédération, qui a suivi le chantier d’un bout à l’autre et passe de plus en plus de temps sur le site au fur et à mesure qu’approchent les premières compétitions. Il a aussi fallu des milliers de tonnes de béton pour construire des bâtiments, pas forcément très esthétiques, invisibles de l’extérieur du site. Un stand de tir c’est un grand espace rayé de poutres transversales qui rendent impossible la sortie des munitions. Un espace parfaitement sécurisé. « D’ailleurs, précise Tony Amengual, les primes d’assurance sont particulièrement basses dans notre sport, le risque de tomber d’un tabouret est à peu près le seul aléa non maîtrisable à la différence de la blessure par arme, inexistante. Le tir sportif requiert d’abord concentration, maîtrise, et, bien entendu, condition physique lorsqu’on aborde la haute compétition, mais on peut pratiquer de 7 à 77 ans (et même au delà !) et nous avons été les premiers à intégrer les handicapés dans nos rangs. »

Trente millions d’investissements

Petit bijou technologique (dès la livraison du gros œuvre, à la fin du mois, techniciens et électroniciens entreront en action pour équiper les stands et les cabines d’arbitrage) le stand va faire des envieux dans l’Europe entière et fonctionnera 365 jours par an pour accueillir les entrainements des meilleurs tireurs européens. Il s’agit de participer au remboursement des emprunts et de subvenir aux frais de fonctionnement du centre « Sur les trente millions nous avons apporté 10M€ en autofinancement, grâce à nos économies et en faisant passer de 41 à 55 € la licence de nos 220 000 licenciés. Nous rentrerons aussi dans nos frais en n’étant plus obligé d’envoyer nos équipes s’entrainer à l’étranger, l’Italie pour le tir au plateau ou les Etats-Unis pour le tir longue distance. Les jeunes pourront être réunis ici pour leurs stages, ils y trouveront équipement haut de gamme pour le tir et pourront y être nourris et logés. »
Economiquement l’implantation du centre national à Châteauroux, outre les heures de travail fournies aux sous-traitants locaux de SOGEA, le constructeur, ce sont une quinzaine d’emplois à temps plein et dix à cinquante emplois pendant les grandes compétitions. C’est aussi une manne pour les hôteliers du département (il n’y a plus une chambre disponible dans un rayon de 50 km pour la période des championnats du monde).

Un secrétaire général heureux

Chez Bruno Valluet, qui a suivi le chantier en compagnie d’André Glize, le vice-président de la fédération le sourire est de rigueur. « Tout s’est bien passé le chantier a été bien conduit, propre, avec une livraison dans les délais d’une construction de grande qualité. Le seul point qui nous a posé problème, c’est l’amiante, dans les bâtiments que nous avons rénové. Ce qu’il nous reste à résoudre, c’est le raccordement à la fibre optique. » Il y aura effectivement un grand nombre d’informations à faire transiter en juillet et août. Ces deux premières compétitions permettront de rôder les installations et la fédération attendra le printemps 2018 pour l’inauguration lorsque le centre aura son aspect définitif.

Pierre Belsoeur


Le centre national de tir en chiffres

12 – Le nombre de stands de tir : du 10m indoor au parcours de chasse. Un équipement ultra moderne permettant la pratique de toutes les disciplines du tir sportif, sans équivalent en Europe.

15 – Emplois seront créés pour faire fonctionner le centre. Huit personnes sont déjà en place. Le chiffre montera jusqu’à 50 lorsque des compétitions nationales et internationales y seront accueillies.

30 – C’ est en millions d’euros l’investissement réalisé par la fédération française de tir.

78 – Hectares, la surface occupée par le centre national de tir sportif (CNTS) à la Martinerie. Un espace comprenant une zone pavillonnaire de quarante-cinq logements permettant d’héberger les salariés du centre et les stagiaires qui s’y succèderont tout au long de l’année.

1500-3000 – Il faut ajouter un accompagnateur à chacun des 1500 participants des championnats du monde de tir de vitesse du 18 août au 3 septembre. Le parc hôtelier de l’Indre n’a pas pu répondre à la demande et certains seront logés à plus de 50 km du CNTS.

500.000 m3 de terre déplacés pour implanter le centre et ses merlins. Rien n’est entré ni sorti du site.

0 – Le nombre d’épreuves accueillies au CNTS si la candidature de la France aux J.O. 2024 est retenue. Les sites doivent se trouver à moins d’une heure du village olympique. En revanche le site affichera complet avant les J.O. car des équipes viendront du monde entier pour y terminer leur préparation.

Les alvéoles du tir de vitesse sont prêtes à acceuillir leurs cibles


Un équipement respectueux de l’environnement

Le tireur sportif est un individu paisible. Chez lui la concentration et le contrôle excluent toute agressivité dans la recherche de la performance sportive. Il doit donc évoluer dans un environnement qui le mette dans les meilleures conditions de sa pratique sportive.
C’est pourquoi l’implantation des installations de La Martinerie a été pensée en conservant un environnement naturel qui sera optimisé. Pas question de mettre toute la zone à nue, mais au contraire de protéger un maximum d’arbres existants, quitte à modifier certains aménagements. La récupération des eaux pluviales se fera dans trois bassins qui recevront un environnement végétal. La sapinière plantée par les militaires sera évidemment conservée et entretenue. La récupération des plombs utilisés pour les compétitions est assurée par plusieurs aménagements au pied des merlins et par le tamisage du sable des pas de tir à 25 et 50 mètres.
Les animaux peuvent évoluer en toute quiétude dans cet espace. «Nous avons actuellement douze chevreuils, des blaireaux, des renards et un couple de perdreaux qui nichent entre les deux hangars Bessoneaux, a relevé Bruno Valluet, qui est aussi chasseur à ses heures. Pas question évidemment d’y toucher. Des ouvertures ont même été pratiquées dans la clôture pour faciliter les allées et venues. Seuls les sangliers prennent le risque d’être abattus s’ils s’avisent de venir défoncer les pelouses. C’est un spectacle délicieux le soir de voir les chevreuils évoluer sur les merlins. D’une manière générale les animaux font bon ménage avec les tireurs. Aux J.O. je me souviens qu’il a fallu arrêter la compétition pour obliger un faisan à dégager, nullement dérangé par les tirs à répétition.»   

Bruno Valluet, entouré de Tony Amengual et Gilles Dumery (président de la ligue du Centre) passe de plus en plus de temps à La Martinerie

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