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Billet d’humeur de Fabrice Simoes

Il faut voter contre les JdM 

La JdM est à la vie de tous les jours ce qu’est une journée de pluie en plein été, un discours de Macron pendant un concert des tambours du Bronx, une mythomanie de Cheminade, un Frexit d’Asselineau, un bisou de Poutou, un chant des Pyrénées de Lassale, un contrat de travail de Fillon, une ode à l’Europe pour la fille à Jean-Marie et la tante à Marion – pas celle des petits poussins de scènes de ménage à la télé, l’autre Marion quoi- un soutien de Manu à Hamon, un hologramme raté de Mélenchon, une prise de tête de Dupon-Aignan, une OPA lancée par Arlette Laguiller au palais Brongniard. En gros, c’est du grand n’importe quoi … et en plus on me souffle que ce n’est plus « Travailleuses-Travailleurs » qui est la candidate officielle mais Nathalie Arthaud. Comme quoi, pour avoir du temps de paroles et de la reconnaissance faciale, un petit débat télévisé à onze ça peut pas faire de mal ! Donc, la JdM c’est ça.

La JdM débute toujours par un décalage horaire. Rien que là on sent très très rapidement que se sera une belle JdM. A peine le pied posé par terre on en subit les premiers effets : le réveil n’a pas sonné parce que, durant la nuit, la micro-coupure de courant a remis les compteurs à zéro et que vous avez oublié de changer les piles. La première tartine du petit-déjeuner vous saute des mains dès que vous l’avez à peine effleurée. Elle tombe côté confiture sur le carrelage et le théorème de Murphy, édicté à la fin des années 40,  qui veut que la JdM en est toujours une, se précise. Le «  Tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera nécessairement mal »  se vérifie quelques minutes plus tard quand la deuxième tartine, pourquoi s’arrêter à la première, percute par inadvertance la tasse ou le bol de café qui se répand sur votre pantalon. Le soleil vient de se lever et l’ami Ricoré, celui qui illumine votre matin n’a même pas eu le temps de sortir sa nappe jaune qu’on souhaite déjà retourner sous la couette. Quant au facteur, obligé par sa direction à prendre une pause médiane, même le samedi, il ne passera pas avant 14 heures. Du coup, on peut ranger son bol à lui aussi.

Pendant ce temps-là, à la radio, on vous annonce que, dans la nuit, Alain Madelin et Daniel Cohn-Bendit ont rejoint Macron. Si les carpes et les lapins s’embarquent sur les mêmes péniches maintenant. Même pour faire un poisson d’avril ça le fait pas !

Le temps perdu à changer de pantalon est vite rattrapé … à condition que ce ne soit pas jour de repassage et que, le dernier jean que vous vouliez mettre justement est encore dans la pile à venir… Normalement, lorsque vous êtes arrivé à ce stade de la matinée, vous vous rendez compte que vous auriez pu vous raser. Ca fait mauvais genre, déjà que vous ne portez pas de cravate. Certains pisse-vinaigres jugent d’ailleurs que c’est de l’irrespect quand on est candidat à la Présidentielle !

Pour vous Mesdames, veuillez remplacer, ou pas, pantalon par jupe ou robe, rasage, ou pas, par maquillage, et cravate, ou pas, par foulard en soie ou en toi.

La journée peut enfin commencer mais vous n’êtes pas au bout de vos peines puisque, pas forcément dans cet ordre, Médiapart sort un nouvel article sur les turpitudes de nos politiciens professionnels – les amateurs  sont trop intègres, ils sont reconnus tout de suite – un connard au nom de l’EI ou de  Daesh commet un meurtre supplémentaire, un joueur de foot fait une quenelle, Poutine un bras d’honneur et Trump en veut juste un doigt, le Stade Rochelais remporte le Bouclier de Brennus et le PSG gagne à Barcelone. Une vraie suite pour JdM, non ? Ça c’est pour le matin parce que, alors que vous déjeuniez tranquillement et envisagiez un après-midi radicalement moins gris et stressant, vous voyez apparaître à l’écran de la télé les dernières cotations en bourse. C’est là qu’on se dit que la situation des gens riches n’est pas si désespérée que cela : moins de 4000 points au Cac 40 au début de la décennie, un peu plus de 5000 points désormais. On se dit que la Française des jeux va vous aider et malheureusement les résultats du loto laissent à penser que vous pouvez rejouer la semaine prochaine…  Si vous le voulez bien, vous pouvez répéter après moi : JdM !

Ce n’est pas fini. Alors que Morphée vous tend les bras pour une sieste réparatrice, particulièrement  bénéfique pour le corps et l’esprit, votre épouse – ça marche beaucoup moins bien si on inverse les rôles – sort le carnet à bricolage. Le carnet où dedans y a tous les trucs que vous remettez toujours au lendemain. Franchement, on peut se demander si ce n’est pas à cet instant que certains basculent vers la remise en cause des 35 heures et la retraite à 60 ans … Si c’est juste pour échapper à ça, nous connaissons quelques méthodes pour éviter ce retour en arrière de
30 ans !

La réparation de la porte du garage effectuée, la pelouse tondue – vous pouvez toujours essayer de dire que le dimanche après-midi c’est interdit, ça ne marchera pas si on est le samedi – vous esquissez un pas de deux vers le fauteuil du salon… auquel vous ne pourrez pas accéder parce que votre compagne a décidé, et c’est tout à son honneur, de faire un grand nettoyage de printemps et que «  c’est pas sec, attend avant de rentrer ». On pourrait ajouter d’autres sévices mais ce sera pour une autre version de JdM. Surtout que tout ça c’est uniquement pour des jours de week-end… parce que si c’est une journée où il est prévu d’écrire le billet d’humeur, je ne vous dis pas le chantier. 

Au fait, je ne vous ai toujours pas dit ce que voulait dire JdM.

Une JdM c’est une Journée de Merde … mais je crois que vous l’aviez compris depuis longtemps.

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