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100.000 Chemises,un projet immobilier qui a une âme

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L’ancienne usine textile et ses ouvrières sont au coeur de l’ensemble de logements et services imaginé par l’OPAC et dessiné par l’atelier d’architectes Ivars et Ballet.

Le nouveau quartier « 100.000 chemises » ce sera 64 logements, maisons ou appartements à louer ou en accession à la propriété, un bâtiment pour La Mutualité Française, une maison de santé pluridisciplinaire et un plateau commercial. En écrivant cela on définit formellement ce qui va se passer d’ici à 2021 sur le site de la dernière usine textile de l’Indre. Mais ce compte rendu est bien incomplet puisqu’il occulte l’émotion de Pascal Longein, directeur de l’OPAC 36 (office public d’habitat d’aménagement et de construction) au moment de la présentation officielle du projet, en compagnie de son président Michel Brun et de Gil Avérous, maire de Châteauroux.

« Pour moi ce n’est pas que la transformation d’un site, c’est un dossier social. Derrière, c’est la reconnaissance des salariés des 100.000 chemises auxquels je dédie cette présentation. »

Les 100.000 Chemises font partie de l’histoire industrielle de Châteauroux, comme Boussac ou les Tabacs. Pascal Longein se souvient parfaitement que l’heure de sortie des ouvrières et ouvriers était 17h10, pour que le flux ne s’ajoute pas à la sortie de Boussac, 16h30 ou des Tabacs, 17h30 qui aurait provoqué une cohue au moment de grimper dans les cars des « Rapides du Poitou » à la gare routière. Une partie des salariés de ces entreprises venaient de tout le département.

La rue des 100.000

Non seulement le projet respecte les bâtiment classés, en façade sur la rue de Strasbourg et la maison de maître mais réhabilite la voie qui permettait aux salariés de quitter l’usine et servait de voie d’accès aux marchandises. Il y a fort à parier que lorsqu’il s’agira de la nommer la « rue des 100.000 chemises » l’appellation sera adoptée à l’unanimité.

Une autre particularité de ce projet de quartier nouveau à deux pas du centre-ville c’est de réserver le tiers de la surface (l’emprise est de 13.000 m2) aux espaces verts et préserver évidemment les beaux arbres qui entourent la maison de maître.

Le cabinet d’architectes retenu à l’issue de la procédure concurrentielle avec négociation est tourangeau. Ivars et Ballet a signé la nouvelle école de musique et de danse de Bourges et y construira également la prochaine maison de la Culture.

Les architectes ont si bien compris les souhaits de Pascal Longein et de son équipe qu’ils ont conçu le bâtiment qui abritera la Mutualité Française, rue de Strasbourg comme un pendant de l’ancienne façade de l’usine qui accueillera la maison de santé pluridisciplinaire. « Nous avions prévu 400 m2, commente le patron de l’OPAC, mais la demande est telle que je me demande si ce sera suffisant. » Ce qui est certain en revanche c’est que l’aménagement de cette maison sera conçu en concertation avec les utilisateurs.

Mixité locataires

Les 64 logements implantés sur le site sont destinés à établir une mixité sociale avec une première phase de 21 logements dont 20 appartements locatifs (T2 et T3) dont une partie à l’étage des deux immeubles en bordure de la rue de Strasbourg. Une deuxième phase comprendra trois appartements et vingt maisons individuelles (dont 6 en location accession à la propriété).

Enfin la troisième tranche comprendra vingt maisons individuelle dont treize en location accession à la propriété( T4 et T5).

La plupart des maisons individuelles ont un garage, sauf celles implantées en bordure de la rue de Strasbourg.

Des clauses sociales

Ce projet, d’un montant de 10 M€, dont 6,3 pour la construction, sera une aubaine pour les entreprises du bâtiment de l’Indre. Il comporte également des clauses sociales afin de réserver des heures à un public éloigné de l’emploi (1000 h sur le marché de maîtrise d’oeuvre et 7 % sur le marché des travaux).

« J’étais attaché à ce projet depuis sept ans, rappelle Pascal Longein, au terme de son exposé et je remercie les équipes de l’OPAC qui ont assuré l’entretien et la surveillance des lieux et particulièrement Richard Pez, directeur du développement, qui travaille depuis trois ans sur le dossier et Fabienne Phegnon responsable des achats publics. Nous allons désormais organiser la concertation avec des présentations du projet au niveau du quartier. »

Pierre Belsœur


Un peu d’histoire

Créée par Maurice Schwob en 1876 à Châteauroux, rue de Strasbourg, l’usine est d’abord implantée sur un terrain de 5000 m2. Elle connait des travaux d’agrandissement en 1926-1927.

En 1900, l’usine compte 500 salariés, et plus de 700 avant la première guerre mondiale. A ceux-ci, on doit ajouter
300 ouvrières à domicile.

Les 100 000 Chemises, Création Cent Mille à partir de 1987, fut une des dernières entreprises de confection du département. Elle avait abandonné le statut de sous-traitant, vendeur de main-d’oeuvre, pour devenir fabricant et lancer ses propres marques, dont la plus connue est « Fil à Fil ».

L’OPAC avait racheté les locaux en 1993 pour tenter de sauver l’usine qui a fermé définitivement ses portes avec la liquidation de la SARL Compagnie Cent Mille Chemises en septembre 2004.

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